Le Gosier, du village fortifié à la station balnéaire
Le nom du Gosier vient du pélican brun, le « grand gosier » en créole, remarqué au XVIIe siècle pour la taille de son bec et de sa poche. Longtemps appelé « quartier Saint-Louis », c'était alors le plus petit quartier de la Grande-Terre — un simple village sur la route reliant Sainte-Anne à Pointe-à-Pitre. Sa position stratégique, verrouillant le passage de la Rivière Salée et du Petit Cul-de-Sac Marin, n'échappe pourtant pas aux colons : un fort est édifié sur le Morne l'Union, complété plus tard par le Fort Fleur d'Épée. Au XVIIIe siècle, les terres défrichées pour le cacao, le coton et le café en font une commune tournée vers l'agriculture plus que vers le sucre — jusqu'en 1792, où elle devient le théâtre d'affrontements sanglants entre royalistes et républicains, troupes françaises et anglaises.
Érigé en commune de plein exercice par le décret de 1837 (article 91), Le Gosier élit son premier conseil municipal le 7 décembre 1837 ; Louis-Henry Main en devient le premier maire, installé le 1er janvier 1838.
Il faut attendre 1934 pour que la commune prenne son tournant touristique : la Chambre de Commerce de Pointe-à-Pitre y ouvre l'un des premiers hôtels-restaurants de l'île, La Pergola. Le développement rapide des années 1960, porté par la qualité du littoral, transforme définitivement la commune — la ville elle-même rappelle que « il y a encore 50 ans, ce n'était qu'un village » (site officiel, page Histoire, mise à jour 2020). Le Gosier est aujourd'hui la première station balnéaire de la Guadeloupe.